La colline à l’est du village des Éparges a fait l’objet d’importantes batailles en 1914 et 1915. La colline porte encore les traces de ces combats, on peut y voir les entonnoirs résultant d’explosions de mines pour le contrôle du « point X » qui domine la plaine, stratégique pour le contrôle de l’artillerie.
Ces positions sont le théâtre d’une des luttes les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale. Les Allemands s’acharnent pour la possession de la crête, et les attaques et les contre-attaques, les combats corps à corps et à la grenade, sous un bombardement d’obus de tous calibres et sous l’écrasement des torpilles se renouvellent pendant une période de 5 mois dans les conditions les plus pénibles.
Dès l’automne 1914, le front s’établit aux abords de cette crête qui présente un intérêt capital, véritable promontoire qui permet de surveiller la plaine de la Woëvre au sud de Verdun.

Les Éparges 1915 – Photo ECPAd
Les combats se déroulent en première ligne, essentiellement dans les ruines des villages Trésauvaux et des Eparges, dans les bois du versant Nord Est de la crête et les espaces plus dégagés du versant Nord Ouest. La seconde ligne française est située sensiblement sur la Tranchée de Calonne (route Hattonchâtel –Verdun à travers le massif forestier) alors que les troupes sont mises au repos à l’ouest dans les villages de Belrupt, Sommedieue, Mont-sous-les-côtes, Mouilly etc..
Pendant les mois d’hiver 1914-1915 la bataille est de forme classique mais le saillant de Saint-Mihiel menace de plus en plus Verdun aussi JOFFRE envisage une offensive par la Woëvre pour tenter de le résorber. La crête des Eparges devient alors un enjeu important pour l’État-major français qui la convoite en temps qu’observatoire d’artillerie.
La 12ème D.I est chargée d’attaquer, tout comme à Vauquois éloigné de quelques dizaines de kilomètres à l’ouest, cette position bien défendue depuis le pied. Le Génie va creuser une douzaine de sapes sous le flanc nord de la crête des Eparges. Ces galeries permettent d’approcher les tranchées allemandes, courant d’est en ouest à travers toute la crête des Eparges. Arrivées sous la position ennemie, elles sont bourrées d’explosif et la 12e D.I monte à l’assaut le 17 février 1915 après l’explosion de 4 mines sous la partie ouest de la crête mais les Allemands répliquent violemment par des bombardements d’artillerie lourde et de nombreuses contre-offensives. Les Allemands vont creuser, eux aussi, des galeries sous les lignes françaises et feront sauter des fourneaux de mines bourrés de 20 à 30 tonnes d’explosifs.
Malgré leurs efforts, les Français ne reconquerront jamais le « point X » enjeu de la bataille. des dizaines de milliers de combattants Français et Allemands restent enfouis sous cette terre..

Mémorial du Génie
Photo : DR
Chaque lundi de Pâques, une cérémonie commémore les séries d’attaques lancées vers la crête des Eparges, organisée par le comité cantonal de Fresnes-en-Woëvre et la Municipalité des Eparges. Cette cérémonie rappelle une page d’histoire : En quelques jours, les régiments français perdirent plus de 5000 hommes, tués, blessés, ou disparus, appartenant pour un grand nombre d’entre eux aux régiments de la 12ème DI de Reims (132ème de Reims, 106ème de Chalons et 25ème BCP d’Epernay St Mihiel). Hommage est ainsi rendu à tous les combattants qui se sont sacrifiés sur ce haut lieu de mémoire, pendant les quatre années de la grande guerre. Lors de ces assauts, ils furent tués, engloutis dans la boue des Eparges, déchiquetés par les mines dont les immenses cratères ponctuent la montée vers le sommet de la crête.
En arrivant sur le sommet, on trouve le monument élevé à la mémoire des Sapeurs qui subirent de lourdes pertes durant cette guerre des mines.
Le monument se compose de 7 colonnes représentant chacunes des différents corps du génie : pontonniers, télégraphistes, électro-mécaniciens, sapeurs-mineurs, chemin de fer, artificiers, aérostiers. Les différentes colonnes sont érigés en léger arc de cercle et en son centre est disposée une plaque commémorative au génie.
Les colonnes et la plaque commémorative sont faites de granit.